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Une prolifération fulgurante qui détruit les cultures au fil des
saisons (par Arnaud Valmont)
Sur les parcelles, les témoignages sont sans appel. « Vous voyez comment ça ronge ? Ils mangent
pour se nourrir, tout simplement », explique un agriculteur, impuissant devant ses jeunes arbres
attaqués à la base. Une fois l’écorce entièrement grignotée, l’arbre est condamné. Dans certaines
exploitations, la seule solution consiste à installer des protections individuelles autour de chaque
tronc, une contrainte lourde, coûteuse et .
Dans les cultures, le phénomène est tout aussi alarmant. Des
blés semés, qui devraient atteindre 20 à 30 centimètres, sont
systématiquement consommées à mesure qu’ils poussent.
« Au fur et à mesure que sortent les plantes ils mangent.
Résultat : il ne reste rien », constate un exploitant. À quelques
mètres seulement, une parcelle similaire, protégée, montre
pourtant le potentiel initial. Mais ailleurs, les champs sont
littéralement rasés. Les sols, eux, sont criblés de terriers.
« C’est truffé de trous, comme un gruyère », décrit un autre agriculteur. Une situation qui complique
le passage des engins agricoles et augmente les risques d’accidents matériels. À terme, c’est toute
la structure du sol qui est fragilisée.
Le lapin de garenne est une espèce classée nuisible dans le département de l'Hérault. Depuis
quelques années, les dégâts causés par ce lapin sont nombreux : vignes, champs d'agriculteurs et
vergers. Cette situation amène à plusieurs discussions entre les acteurs locaux. Depuis de
nombreuses années, la situation touche une douzaine de communes en tout à l’Est de Montpellier,
dont Mauguio, Baillargues, Lansargues et Marsillargues, mais aussi l’Ouest du département.
Des investissements lourds pour des résultats limités
Face à cette pression, les agriculteurs n’ont d’autre choix que d’investir massivement pour tenter de
protéger leurs cultures. Grillages enterrés, filets doublés, fils électriques tous les dispositifs se
multiplient, mais leur efficacité reste partielle. « On met du grillage tout autour, ou des filets
électriques… Ça me coûte 2 000 à 3 000 euros », témoigne un exploitant.
Dans les vergers, les montants atteignent des niveaux bien plus élevés. Sur une exploitation de 40
hectares, la facture dépasse les 50 000 euros, avec parfois des systèmes de double filet. Et malgré
cela, les lapins trouvent encore des failles. « Ils arrivent à manger les filets, donc on est obligé de
reprotéger encore », explique un agriculteur, résigné. Le pire scénario reste celui où un lapin parvient
à pénétrer dans une zone protégée sans pouvoir en sortir : « Si vous en avez un qui rentre et que
vous l’avez oublié dedans, c’est fini… il ravage tout… »
Une régulation jugée insuffisante face à une reproduction exponentielle
Malgré les campagnes de piégeage, le recours au furetage et l’allongement des périodes de chasse,
la dynamique de population reste largement défavorable aux agriculteurs. « Vous en enlevez dix,
quelques temps après, vous en avez cent », résume l’un d’eux, illustrant une pression constante et
difficile à inverser.
Creissan.net n°10 avril/mai 2026

